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LYCÉE

ACTION ÉDUCATIVE

POLITIQUE NUMÉRIQUE

Les espaces productifs français étudiés sous forme d'un Plan De Travail

niveau(x) éducatif(s)
Cycle 4 : Cycle des approfondissements (5e, 4e, 3e)
Lycée voie générale

Séquence menée par le biais d’un PDT (Plan De Travail) sur trois espaces productifs différents. (actualisée en 2017 pour le programme en vigueur depuis septembre 2016)

Après avoir testé la classe inversée à la mise en œuvre limitée par la fracture numérique, nous avons fait le choix de tendre vers une classe « renversée » où l’élève devient acteur jusqu’à construire son propre cours. Le plan de travail, plus répandu dans le premier degré, nous est apparu comme une solution très intéressante pour orchestrer l’ensemble des problématiques sur lesquelles nous nous interrogeons depuis longtemps, en permettant de varier à l’envie les démarches didactiques. Les échanges fructueux réalisés avec des collègues d'autres académies, notamment pas le biais des réseaux sociaux, ont été un moteur pour la mise en place de ce dispositif, qu'ils en soient remerciés, en particulier Laurent Fillion (académie de Lille ).

Qu'est-ce-qu'un Plan De Travail ?

Le site de l’Académie de Paris  en fait la présentation suivante : "Il s’agit d’activités que l’élève est en mesure de faire seul, en autonomie, afin qu’il consolide des notions déjà vues et/ou qu’il acquière des méthodes de travail. Les élèves n’ayant pas tous les mêmes besoins, chacun aura ses travaux spécifiques. […] Le professeur liste les activités que l’élève devra réaliser durant le temps correspondant au "plan de travail". Il doit être attentif à ce que ces tâches soient comprises par l’élève sans nécessiter d’intervention du maître. Une partie des activités peut être commune aux élèves. […] L’élève reçoit ou consulte son plan de travail pour la séance et se met au travail en autonomie. L’enseignant veille à la mise au travail, à la stimulation de chacun ; il intervient auprès de tel ou tel élève pour lui apporter une aide particulière, une explicitation complémentaire, un point sur la mise en œuvre du plan de travail. Le plan de travail s’arrête à la fin du temps imparti et ne fait pas l’objet de mise en commun sur le contenu. En revanche un échange peut avoir lieu sur les méthodes de travail. […] Cette démarche favorise l’acquisition de méthodes de travail et améliore la capacité de gestion d’une tâche et d’autonomie. […] Chaque élève réalise ce qui lui est nécessaire ; l’enseignant détermine ce qui lui sera utile. Tout élève étant en autonomie, la classe fonctionne comme une « ruche » où chacun sait ce qu’il a à faire. L’enseignant est donc totalement disponible pour l’élève qui en a réellement besoin, pour stimuler ceux qui ont du mal à s’organiser ou à tenir un certain rythme de travail. […]"

Dans le plan de travail conçu ici les étapes peuvent être organisées différemment en fonction des thèmes abordés et des objectifs poursuivis : étapes thématiques, étapes méthodologiques mêlant à la fois acquisition de connaissances et production, …

Les activités facultatives à faire en classe ont pour principal objet la différenciation pédagogique en offrant un approfondissement aux élèves les plus rapides.

Pendant l’exécution du plan de travail, le professeur accompagne, régule, réoriente les élèves. Il est une ressource parmi d’autres en terme de connaissances ou de savoir-faire ; pour cela il peut être sollicité au cours d'une « interview » ; il peut aussi organiser des rendez-vous auxquels les élèves s'inscrivent en fonction de leurs besoins. 

Il évalue les élèves à la demande sur des capacités durant la phase d’apprentissage et toute la classe en fin de séquence sur des connaissances et des capacités (évaluation sommative).

Une adaptation a été nécessaire pour une utilisation dans des classes de secondaire, au regard de l’emploi du temps découpé ; au collège Jean Monnet d'Epernay, une première approche, avec deux plans de travail guidés et identiques à toute la classe a été menée pour habituer les élèves à la démarche.

Le dispositif matériel mis en place :

- au collège de Dormans (en 2017) : toutes les séances se sont déroulées en salle de classe, les tables disposées en îlots, ou en binômes selon le choix des élèves. Des tables avec les documents en "libre-service", une valise de 16 tablettes.
Une seconde petite salle située juste à côté a été utilisée ponctuellement par certains groupes.  
 

- au collège Jean Monnet (en 2015) : toutes les séances ont été réalisées dans une salle ayant un espace "informatique" en plus de l'espace classe habituel. Les tables des élèves étaient aussi disposées en îlots, un dictionnaire complétant les documents papiers ou numériques ; là encore, une seconde salle adjacente a été utilisée ponctuellement, notamment pour les enregistrements sonores. 

L’espace de la classe nécessite en effet d’être repensé : mise à disposition et accès à la ressource, place de l’enseignant (au centre de la classe ?).
L'utilisation de tablettes est vraiment nécessaire pour une réelle plus-value et une souplesse dans l'utilisation "à la carte"  de celles-ci.

Le contenu du PDT : 

Le point principal était une tâche complexe :

image consignes taco esp prod 2017

"Vous êtes étudiant dans une école de journalisme et pour valider votre année, vous devez réaliser deux projets parmi ceux qui vous sont proposés:
- une page d’un quotidien régional

- un story-board (document technique généralement utilisé dans l’audiovisuel afin de planifier avant sa réalisation, l'ensemble des images qui constitueront un film et le commentaire qu’on y associe,) pour un documentaire télévisé

- une interview pour diffusion à la radio.

Le sujet défini par le jury pour ces trois projets est le suivant : « Quelles sont les stratégies des acteurs économiques et spatiaux pour rendre leur territoire attractif et assurer son développement de façon durable, dans le contexte de la mondialisation ? ».
Il doit être couvert à travers deux études de cas à choisir : Marly-Gomont et le bocage de Thiérache, l’Aerospace Valley, le Mont Saint-Michel.
Vous avez déjà réalisé au brouillon une carte mentale rassemblant tous les éléments à aborder (voir ci-dessous) et vous disposez d’un dossier documentaire.
A vous de vous organiser en vous appuyant sur le plan de travail fourni. Vous pouvez travailler au choix :
- seul, en binôme ou en groupe
- avec ou sans aides à demander au professeur (attention, seuls les items qui auront été réussis sans ces aides seront considérés comme acquis)."

Les élèves avaient à leur disposition :

-  le Plan de travail (version 2017)
la fiche de travail et révisions couvrant les sous thèmes 1 et 2 du thème I de géographie (version 2017)
la consigne de la tâche complexe
- une fiche d'organisation du groupe  pour leur permettre d'avoir un recul sur leur travail et de le réguler en le planifiant au moins d'une séance à l'autre, ce qui est assez difficile pour eux.
- un dossier documentaire "papier" dans un format réduit (et la même chose dans les fichiers des tablettes) pour chacun des trois espaces productifs :agricole (Marly-Gomont) ,   industriel (Aérospace Valley) , de services (Mont St Michel).
- des visuels : photographies du dossier documentaire et d'autres, courtes vidéos sous forme numérique.
- des aides pour la réalisation technique d'une page de journal, d'un story-board, d'un document sonore "écrire pour la radio"
- une aide pour une meilleure analyse du dossier documentaire     
- la grille d'évaluation globale du groupe

- les fiches de mise en perspective pour chacun des trois espaces productifs : agricole, industriel, de services.
- des QCM (réalisés à partir d'idées personnelles et de sites en ligne) : en 2015, en vesrion papier uniquement, en 2017 ils sont en ligne sur Moodle depuis l'ENT.
- des études d'autres espaces productifs dans le manuel  (travail facultatif) 

Ils devaient "commander" au professeur d'une séance à l'autre le matériel dont ils auraient besoin : feuilles A4, A3, brouillons, baladeurs, photos "papier" sélectionnées en fonction de leur réalisation. Des "bons de commande" étaient à leur disposition.

L'évaluation est plurielle :

- L'évaluation des capacités est faite par les élèves sous forme d'auto-évaluation sur la fiche du plan de travail et par le professeur sur la grille d'évaluation (préalablement présentée aux élèves) qui concilie items du socle et  notation.
- L'évaluation des connaissances a lieu une dizaine de jours après la fin du plan de travail sous forme de QCM. Dans l'esprit d'une évaluation par contrat de confiance, un QCM de 30 questions (10 sur chacun des espaces productifs) est déposé dans Moodle afin d'être préparé par les élèves (avec accès illimité) ; l'évaluation différée de quelques jours encore, reprend 15 des questions du corpus proposé.

Pour continuer 

Le bilan en 2015 :

Du côté des élèves : 

Du côté des élèves : L’expérience menée avec six classes de 3ème (pour un total d'environ 150 élèves) dans deux collèges différents montre que  beaucoup d’élèves apprécient l'idée de plan de travail, de mise en autonomie, la possibilité de bénéficier d'une évaluation à la demande. Les réactions négatives, voire hostiles émanent au départ  d’élèves en difficultés, qui ne sont pas véritablement gênés par le plan de travail en lui-même mais par le fait de devoir produire ; à côté d’eux, on trouve les « bons » élèves qui craignent de ne pas avoir une trace écrite assez complète ou formalisée par le professeur et donc une mise en danger pour l'examen du DNB.

Beaucoup ont eu aussi beaucoup de mal à gérer l’autonomie : désorganisation, perte de temps en bavardant ou même en se dissipant en fonction des profils. Toutefois l’implication a été croissante au fil des séances, y compris chez des élèves habituellement peu actifs et même en rejet en classe.

Pour conclure, on peut dire que le bilan est positif en terme d’implication dans le travail demandé avec des élèves qui ont bien progressé en terme de capacités . Les productions finales sont pour la plupart de bonne qualité, quelques rares groupes se sont très peu investis et n'ont pas réussi à s'organiser, leurs productions sont donc très "pauvres".
Nombreux seront donc ceux qui se verront décerner le diplôme de « journaliste en herbe » créé via le site http://www.documentic.com/diploma/ .

Le bilan est aussi très satisfaisant en terme de connaissances avec des moyennes de classe tournant autour de 13/20 pour le QCM réalisé. Il est à noter que celui-ci a été réalisé en s'inspirant fortement de sites parents d'éditeurs ou de sites marchands de soutien scolaire afin de mettre nos élèves face à des questions que nous n'avions pas modelées sur les activités réalisées.

Du point de vue des enseignantes : 

L'investissement a été assez chronophage malgré une mutualisation des idées, des ressources et de la fabrication des outils et documents.
L'organisation matérielle est un point non négligeable :  réserver les salles assez en amont pour bénéficier de créneaux qui s'enchaînent sur deux semaines, préparer les "commandes", installer les documents avant chaque séance, évaluer les productions déjà réalisées, …
L'accompagnement des différents groupes, de façon individualisée n'est pas de tout repos. Il a fallu régler les conflits entre certains élèves, dynamiser certains groupes désorientés (au début surtout), superviser les groupes allant s'enregistrer dans la salle voisine, voire dans le couloir, satisfaire les demandes parfois pressantes de groupes et d'individus aux besoins différents car non affairés aux mêmes tâches, et même gérer l'énervement en fin de séquence quand l'ambiance est celle d'une salle de rédaction avant le bouclage du journal...
Mais ces désagréments ont été vite oubliés face à des élèves motivés, actifs, réfléchissant, écrivant et rendant leur travail avec une fierté à la mesure de la satisfaction pédagogique et professionnelle de leurs enseignantes.

Il est tout à fait possible d'adapter ce dispositif en n'utilisant que certains des documents mis en ligne ici.

Les trois espaces productifs sont présentés sur ce site dans des articles individuels comme des propositions d'études de cas avec pour chacun l'ensemble documentaire et la fiche de mise en perspective.
- Etude de cas : Marly-Gomont, un espace productif agricole
- Etude de cas : Aerospace Valley, un espace productif industriel dynamique
- Etude de cas : un espace productif tertiaire, le Mont St Michel.

en 2017 : 

Les élèves de Dormans n'ont pas pu réaliser plus de deux projets par groupe, mais ils ont été tous actifs, y compris certains d'entre eux qui ne font rien d'habitude. Ils leur a fallu davantage de temps que leurs prédecesseurs pour exploiter les documents, mais de nombreux groupes ont gagné en autonomie par rapport au début de l'année scolaire.
Ils en réclament d'autres !

  • Créé le
    jeudi 30 avril 2015
  • Rédacteur
    Galopeau De Almeida Christine
  • Dernière mise à jour
    mardi 21 mars 2017
  • Mot(s)-clé(s)

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