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Les plaques dédiées à la mémoire
des victimes rémoises
de la répression nazie

 

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   Dans sa séance du 25 février 1947, le Conseil Municipal de Reims avait décidé
une première exécution de plaques à la mémoire de Rémois victimes de la répression nazie pendant la 2ème guerre mondiale. 

  BULLETIN MUNICIPAL
SÉANCE DU 25 FÉVRIER 1947
ERECTION DE PLAQUES COMMEMORATIVES
DES DEPORTES ET FUSILLES

   M. ELDAROFF au nom du Comité et des sous-commissions spéciales
pour l'érection d'un Monument aux Martyrs de la Résistance,
au nom des 5ème et 4ème Commissions municipales, donne lecture du rapport suivant :
                         

CHERS COLLÈGUES

   Par délibération prise au cours de votre réunion du 21 août 1945, approuvée par arrêté préfectoral du 24 septembre de la même année, vous avez adopté, sur la proposition de notre collègue, M. Laurent,
le projet d'érection de plaques commémoratives des Déportés et Fusillés.
   
Ces plaques sont, est-il besoin de vous le rappeler, destinées à honorer la mémoire des victimes de l'oppression allemande durant l'occupation.
    Elles doivent être apposées sur les maisons habitées par elles,
à l'époque de leur décès ou de leur arrestation.
   
En vue d'obtenir les meilleures conditions d'exécution, un appel d'offres a été lancé le 6 août 1946 parmi les entrepreneurs et fournisseurs de monuments. et de marbrerie.
   
Le concours a été clos le 1er octobre 1946, à la suite duquel
M. Léon Baudin, artisan marbrier graveur, demeurant à Reims,
avenue Jean-Jaurès, n° 195, a été déclaré adjudicataire.
   
L'exécution des travaux comporte essentiellement la fourniture des plaques en pierre marbrière de Comblanchien, la gravure en lettres antiques de caractère sobre et harmonieux, des noms, circonstance et date de la mort des déportés et fusillés, la pose ensuite sur la façade des immeubles, au moyen de pattes de soutien en bronze.
   
Le montant total des travaux, fournitures, façons, a été arrêté à la somme de cent quatre vingt treize mille cent six francs ( 193.106 fr. ), selon les dispositions énoncées dans le marché de travaux préparé et soumis à votre acceptation.
   
La dépense de 193.106 fr. devant résulter dudit marché sera imputée sur les fonds recueillis par souscriptions publiques et encaissés par M. le Receveur municipal à un service hors budget.
   
Il est, d'ailleurs, bien entendu que cette dépense se trouvera réduite par l'application de la baisse générale do 5 % prescrite par le décret Ne 47-1 du 2-1-1947.
   
Nous vous prions, en conséquence, chers Collègues, de bien vouloir prendre la délibération suivante :

LE CONSEIL MUNICIPAL,
Délibère,

   1/ Décide l'exécution des plaques commémoratives des Déportés et Fusillés dans les conditions prévues dans le marché à intervenir avec
M. Baudin, artisan graveur marbrier;
   2/ Autorise le Comité d'Érection du Monument aux Martyrs de la Résistance et l'Administration municipale, à conclure avec ledit
M. Baudin un marché au montant de 193.106 fr. ;
   3/ Décide l'imputation de la dépense précitée de 193.106 fr. sur les fonds recueillis à cet effet par souscriptions publiques, et encaissées par M. le Receveur municipal à un service hors budget.

Le Conseil adopte les conclusions du rapport qui précède.

        - 10, boulevard Lundy : Maurice de NONANCOURT
        - 26, boulevard de la Paix : André SCHNEITER
        - 146, boulevard Pommery : Albert Nicolas MATTERN
        ( plaque déposée pour travaux au cimetière du Nord )
        - autrefois 86, rue Baron René : Alexandre KACHLER

   Les noms soulignés sont ceux de Rémois morts en déportation.

         1er Canton

- 18, rue du Général Sarrail : Aimé BLONDIN
- 19, rue Thiers : Georges SIMON et Albertine SIMON
- 20, rue Thiers : Georges DOMPMARTIN
- 47, rue des Telliers : Famille PRZEDBORZ
- 37, rue Thiers : Henri MIDOL
- 21, rue de Châtivesle : Joseph GAUTHIER
- 51, rue de Châtivesle : René GOUSSIEZ
- 27, rue de l'Arquebuse : Famille CAVAILLON
- 25, rue des Poissonniers : Roger et René LARGER
- 7, Place Stalingrad : Jean-Paul COLLIN
- 12, rue Jeanne d'Arc : Laja dite ZONSZAYN épouse CHAUMONT
- 37, place Drouet d'Erlon : Lucien HABRAN
- 4, rue Condorcet : Robert BERLAND
- 2, rue des Capucins : Pierre GRANDREMY
- 28, rue Libergier : Jean HUE
- 24, rue CHanzy : M. ROSENBLUM
- 30, rue Hincmar : Marcel LARGET
- 69, rue des Capucins : Claude DROIT et Jean DROIT
- 3, rue des Jacobins : Roger MARTIN
- 68, rue Chanzy : Maurice ROUAS
- 43, rue Brûlée : Roger ANNEQUIN
- 7, rue du Jard : Louis MANDON
- 7, rue Paul Adam : Jean BAUBRAS
- 128, rue du Jard : Charles ROMAGNY
- 33, rue Chabaud : Charles BETTINGER
- 9, rue des Bons Malades : André-Raymond VALENTIN
- 21, rue de Tinqueux : Paul DEHUREAUX
- 80, avenue de Paris : Raoul MATHIEU
- 120, Avenue de Paris : Bernard HENRIET
- 12, rue François d'Or : Poger KERGER
- 7, rue de la Garenne : Félix REILLON
- 58, avenue d'Épernay : Guy THIENOT
- 4, rue Eugène Guillaume : Florent GISSELBRECHT
- Rue Libergier : Anciens élèves de l'Ecole régionale des Beaux-Arts
      

         2ème Canton

- 89, rue Coquebert : Marceau PETITFRERE
- 36, boulevard Lundy : Roland SEYDOUX
- 73, rue Coquebert : Lucien BLONDEAU
- 73, rue Coquebert : René MANCEAU
- 30, rue Dorigny : Hoche PETITFRERE
- 29 bis, rue Jacquart : Yvan ELDAROFF
- 7, rue Eustache Deschamps : René MOULS
- 30, rue de Cernay : Jean CHIRAT
- 43, rue Ruinart de Brimont : Madame OGNOIS
- 5, avenue Jean Jaurès : Marcel FAIVRE
- 12, rue Warnier : Joseph MARCHEPOIL
- 6, rue Favart d'Herbigny : Georges DARDENNE
- 16, rue de Berru : Jean Marie DOCQ
- 22, rue de Berru : Raymond HANGARD
- 4, rue Gerbault : René TESTE
- 10, rue de Strasbourg : Paul LANGERAERT
- 5, rue de Sébastopol : Marcel CHEVAL
- 5, rue d'Italie : Marcel MORTREAU
- 46, rue de Kairouen : Charles et Gabriel MONIN
- 18, rue de l'Atteignant : Serge SEVRAIN
- 40, rue d'Alsace Lorraine : Michel LATARCHE
- 23, avenue de l'Yser : Roger CHAUVET
- 39, avenue de L'Yser : André LEBEAUX
- 6, allée du Rouge Gorge : Georges LANGLOIS
- 2, allée des Bons Enfants : Pierre FLORION
- 39, avenue Georges : Clémenceau : Maurice GILLET
- 15, boulevard Saint Marceau : Marcelle LOISEAU
- 13, rue du Général Carré : Charles TASSERIT
- 24, boulevard Pommery : Lucien LEMIRE
- 33 bis, rue du Général Carré : Henri DELOISON
- 5, rue du Tambour : Claudius BURGOD
- 19, rue du Tambour : André ZIMMERMANN
- 46, rue de Mars : Joseph BERTHET
- 9, rue du Docteur Pozzi : Docteur SEGAL et son épouse
- 21, rue Linguet : Pierre REMY
- 22, rue Cérès : Raymond POUPART
- 13, rue Ponsardin : André GUILLAUME
- 10, place Godinot : Jacques DETRE
- 9, rue des Murs : Léon MAYEUR
- 16, rue Vauthier le Noir : Jean-Charles CHARBONNEAUX

        3ème Canton

- 86, rue de Courlancy : Jean-Pierre GRILL ( Frère ARBAUD )
- 15, rue de la Bonne Femme : Armande GANDON
- 3, rue de Rouen : Antoine GUILLE
- 22, rue Cognacq Jay : Marcel GAUTHIER
- 14, rue Machet : Edmond FORBOTEAUX
- 12, rue Louis Bréhier (case Fayère) : Henry ROY 
- 20, rue Bazin : Maurice VEZINAUD
- 27, rue de la Briqueterie : Henri BRIATTE
- 98, rue Ledru Rollin : Eugène BOISSON
- 24, rue Pichon Louis : Marcel CREPIN
- 16, rue de la Cerisaie : Robert MARCHAL
- 20, rue de la Cerisaie : Marcel CHATTON
- 14, place Saint Thimothée : Pierre TAYMONT
- 5, rue Bailla : Maurice DELAISSE
- 17, place Saint Nicaise : Jean ESTEVA
- 69, rue Gambetta : Marcel JAZERON
- 69, rue Gambetta : André JAZERON
- 48, rue Gambetta : Robert GUILLEM
- 4, rue de Contrai : Albert LE ROLLAND
- 93, rue du Barbâtre : Pierre LEGROS
- 144 bis, rue Ponsardin : Jean TUAL
- 154, rue Ponsardin : René HUON
       

         4ème Canton

- 72, avenue de Laon : Henri LAMBERT
- 11, rue de Bourgogne : René CHARLOT
- 41, rue du Colonel Moll : Gaston LELAURAIN
- 20, rue Antoine Goussiez : Paul COMPAGNE
- 3 bis, rue Pierre Semard : Jean MOURLANE
- 12, rue Jacques Cellier : Edouard SUBTIL
- 410, avenue de Laon : Jules BREBANT
- 15, rue Emile Zola : André SCHROBILTGEN
- 34, rue Emile Zola : Paul SCHLEISS
- 28, rue des Trois Piliers : Fernand BOCQUET
- 34, rue des Trois Piliers : Eugène TOURTE
- 42, rue des Trois Piliers : Jules VANFLETEN
- 42, rue des Trois Piliers Auguste : Paul DEGRELLE
- 29, rue Hannequin : Georges LELONG
- 27, boulevard Robespierre : Edouard CHARLOT
- 161, rue Lesage : Fernande MONDET
- 60, rue Lesage : Jean COUTIER
- 53, rue Victor Rogelet : Jean Jacques DESIRONT
- 28, rue Victor Rogelet : Mme AUBERT
- 33, rue Landouzy : Jean MARTIN
- 62, rue docteur Thomas : Roland SOYEUX
- 55, rue docteur Thomas : Basla Rebecca CHRZANOWSKI
- 4, avenue Brébant : Edmond POTTELAIN
- 14, rue de Clairmarais : Gilbert DEHU
- 21, rue de Clairmarais : René DEVILLERS
- 3, rue des Lilas : Pierre GENTIL
- 57, rue du Mont d'Arène : Jean LACROIX
- 20, rue Gilbert : Maurice FRITSCH
- 51, rue Maldan : Maximilien THOMAS
- 6, rue Raphaël : Jacques LELONG
- 76, rue Léonard de Vinci : Marcel LOUIS
- 40, rue Saint Thierry : Raymond GUYOT
- 50, boulevard Charles Arnould :
Raymond GUERARD

         Salle de la Reddition

- Georges R. MONAUX - 6 Juin 1944
Bertrand DEMAISON - 7 Décembre 1943
Gilbert DESEUSTE - 22 Août 1944
Pierre DUFRENE - 15 Février 1945
Joseph BERTOLDI - Disparu en déportation
Alfred GUIDE - 6 Juin 1945
Jules HUON - Disparu en déportation
( cette plaque existe aussi au 11, rue du Fossé-Briotin )
Clément BOUSQUET - 12 Novembre 1944
Maurice et Marceau GLORIEUX - 29 Août 1944
Edouard QUENTIN - 13 Janvier 1942
Joseph DEMONCHY
Bernard HENRIET - 9 Juin 1944
( plaque non exposée ; une plaque très abîmée est au musée St Denis, une autre au 120, avenue de Paris ).
Louis GORET - 10 Juin 1944

     Les 144 plaques que nous avons retrouvées sur les maisons de Reims, reflètent en fait ce qui s'est passé dans toute la France durant ces années noires de 1940 à 1945.
   
Reims a eu aussi ses résistants fusillés ( 21 ) tués par la Gestapo ( 4 ), tombés au maquis  (6 ), et même ses victimes de la barbarie nazie à Tulle ( 1 ),
à Oradour ( 1 ), ses FFI, volontaires des Forces Françaises de l'Intérieur, morts dans les combats de la libération ( 5 ).

   S'ajoute à cette liste la longue cohorte de 116 Rémois morts en déportation.
   Dans la Marne où le nombre de déportés non rentrés est évalué à 552 personnes,
Reims a payé un très lourd tribut.
   Bien plus, ce nombre de 116 victimes est au-dessous de la réalité.
   Tous les Rémois morts dans les camps de concentration n'ont pas eu de plaques.    Certaines plaques prévues, dont nous avons pu trouver trace sur la liste qui accompagnait le marché passé le 26 février 1947 entre la ville de Reims et Monsieur BAUDIN, artisan graveur-marbrier, n'ont jamais été posées.
   D'autres plaques ont disparu à l'occasion de restaurations ou de démolitions.
   Une partie d'entre elles  ( 12 ) ont été conservées jusqu'en 1985 dans le hall de la Salle de de la Reddition, rue Franklin Roosevelt
   Elles sont aujourd'hui rassemblées dans le Square des victimes de la Gestapo, rue Jeanne d'Arc..

   Nous avons tenté de retrouver l'histoire douloureuse de ces Rémois, celle des fusillés, massacrés, exécutés, puis celle des déportés.

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© CRDP de Champagne-Ardenne, 2000
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et d'adaptation réservés pour tous pays.