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Une guerre totale

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   Le 2e guerre mondiale est une guerre mondiale et totale qui dépasse en horreur la guerre de 14-18 et qui revêt un certain nombre de caractéristiques nouvelles par rapport au 1er conflit mondial.

I. Un conflit de type nouveau

1. Une guerre idéologique

   C'est une guerre qui oppose 2 camps antagonistes :

d'un côté les puissances de l'Axe, dictatures fascistes qui exaltent le chef, l'Etat tout puissant, la discrimination raciale, la force, le droit de conquérir le monde, et qui prétendent instaurer partout de gré ou de force un « ordre nouveau » ;

et de l'autre les Etats de la Grande Alliance et les mouvements de résistance qui déclarent défendre les valeurs de liberté, de démocratie et les droits de l'homme.

2. Une guerre de mouvement

   C'est une guerre qui s'appuie sur des stratégies résolument offensives : « guerre éclair » ; batailles de chars ( Koursk ) et batailles aéronavales ( Pearl Harbor, Midway ) de grande ampleur ; débarquements massifs ( opérations Torch et Overlord )

3. Une guerre technique

   Une guerre motorisée qui met massivement en œuvre des moyens de destructions de plus en plus puissants ( chars, bombardiers, porte-avions ).

   Une guerre qui accélère les innovations technologiques : électronique-informatique ( radar, équipement radio, ordinateur ) ; nylon ( parachute ) ; moteur à réaction ; fusée ; DDT et antibiotiques.

  Une guerre qui s'appuie sur la production de masse et standardisée d'armes de plus en plus destructrices et de moyens de transports dont la vitesse, le rayon d'action et la capacité ne cessent de croître : V1 et V2 allemands ; B 29 américains ; bateaux de transport Liberty ship.

  Une guerre qui mobilise toutes les ressources :
       - ressources économiques : matières premières, sources d'énergie, carburants ou produits de remplacement ( ersatz ) ;
       - ressources humaines ( soldats, ingénieurs, travailleurs, hommes et femmes, indigènes des colonies, travail forcé ).

   Pour gagner la guerre, il faut avoir la capacité de construire plus d'avions, de navires, de chars, de canons que l'adversaire ne peut en détruire.
   Grâce à la puissance de l'économie des Etats-Unis dont le président Roosevelt avait décidé de faire « l'arsenal des démocraties » dans le cadre du « Victory Program », les Alliés ont réussi à battre les puissances de l'Axe.

4. Une guerre d'anéantissement

   C'est une guerre qui frappe autant ou plus les civils que les militaires : mitraillage des routes de l'exode ; bombardements massifs des villes ( Londres, Dresde ) ; représailles et massacres d'otages ( Oradour-sur-Glane ) ; extermination des juifs, des slaves, des tziganes dans les ghettos et les camps ; bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

   C'est une guerre sans merci qui ne peut s'achever que par la défaite totale de l'un des deux camps.

II. L'expansionnisme des puissances de l'Axe

1. L'« Europe nouvelle » allemande

   Elle comprend les territoires annexés au IIIème Reich depuis 1938 , les territoires occupés par la Wehrmacht, et les États satellites alliés de l'Allemagne.
   La domination allemande s'étend à la plus grande partie de l'Europe, de la Norvège à la Méditerranée, et de l'Atlantique à la Volga.

2. L'éphémère Empire italien au-delà de la Méditerranée
( « Mare nostrum »)

   Compte tenu des échecs essuyés par l'armée italienne en France, puis en Grèce et en Libye
où la Wehrmacht a été obligée d'intervenir, l'Italie doit se contenter des maigres acquisitions
que lui concède Hitler en Europe centrale et en France ( occupation du sud-est à partir de novembre 1942 ).

   Dès 1941, les Italiens sont vaincus en Libye et chassés d'Afrique orientale ( Ethiopie, Erythrée ).

   En 1943, il ne reste rien de l'Empire italien.

3. La Grande Asie japonaise ou « Sphère de coprospérité »

III. L'« ordre nouveau » en Europe

1. La mise sous tutelle administrative

   Les territoires annexés au « Grand Reich » sont soumis à une germanisation et une nazification systématiques : imposition de la juridiction et des lois allemandes ( mise en place de gauleiters ) ; conscription au sein de la Wehrmacht et des Waffen SS ( Malgré nous », dans les trois départements annexés d'Alsace-Moselle )
   Dans les territoires occupés, la tutelle allemande revêt des formes variées mais toujours efficaces et redoutables.
   HITLER refait à sa guise la carte de l'Europe, modifie les frontières, morcelle les États, manipule les nationalités et déplace les populations.

2. L'exploitation économique

  Les nazis se comportent partout en propriétaires qui confisquent et prélèvent tout ce dont ils ont besoin, se livrant à un véritable pillage ( aryanisation des biens juifs ) et réquisitionnant la main-d'oeuvre dans le cadre du Service du Travail Obligatoire ( STO ) mis en place par Sauckel
( plus de 7 millions de déportés du travail dans les usines allemandes à la fin de la guerre ).

   Les pays occupés sont relégués dans le rôle de fournisseurs de l'Allemagne en matières premières et en produits agricoles, tandis que leur population est soumise à un rationnement sévère aggravé par le « marché noir ».

3. La terreur nazie

   Elle s'abat sur la Pologne dès 1939, puis s'organise après l'invasion de l'URSS, avec la promulgation en décembre 1941 du décret Nacht und Nebel ( « Nuit et Brouillard » )
qui ouvre la voie aux représailles aveugles, aux arrestations massives, aux exécutions d'otages
et à la déportation.
   Elle est confiée aux SS d'Himmler et à la Gestapo.
   Elle frappe d'une part les « politiques » ( communistes et résistants de toutes obédiences ),
et d'autre part les « raciaux » ( Juifs, Slaves, Tziganes ) qualifiés de « sous-hommes ».
   En janvier 1942, le génocide des Juifs est programmé et confié pour exécution à Eichmann dans le cadre de la « solution finale
».
   Le territoire du Reich se couvre de
camps de concentration et d'extermination.

IV. Collaboration et résistance en Europe

1. L'adhésion à l'« ordre nouveau »

   L'intégration des pays conquis à l'Europe allemande s'appuie sur des collaborateurs qui dénoncent en bloc « les communistes, l'Union Soviétique, les juifs, les francs-maçons, les démocraties libérales décadentes », et adhèrent au national-socialisme par conviction ou s'en accommodent par opportunisme.
   La collaboration revêt des formes variées correspondant à une gradation dans la collusion avec les nazis : collaboration économique, collaboration politique, collaboration policière et militaire.

2. Les résistances

   L'Occupation suscite aussi un phénomène de rejet conduisant à une résistance clandestine, d'abord spontanée, puis organisée en réseaux et mouvements parfois unifiés au sein de résistances nationales.
   Résistance extérieure conduite depuis Londres ou Moscou, et résistance intérieure au cœur des pays occupés, sont le fait d'une minorité courageuse, issue de tous les horizons politiques et sociologiques.
   Malgré le risque permanent, l'isolement, le manque de moyens, les résistants ont bien contribué à la victoire sur les dictatures fascistes
   En Yougoslavie, les partisans communistes de Tito sont même parvenus à libérer eux-mêmes leur pays avant l'arrivée de l'Armée rouge.

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© CRDP de Champagne-Ardenne, 2000
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